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Par ce frais et timide début d’été, lors d’une journée mi-ensoleillée, le loup se promenait quand même dans sa ville.

 

Aux abords d’un grand boulevard, cette artère principale qui porte le même nom que le majestueux fleuve tout près, le « Saint-Laurent », le loup, de son regard avisé, vit ces deux employées municipaux col bleu. L’une d’elle, était une rouquine aux cheveux de feu, et sa collègue, avait des cheveux d’un beau brun, et même si sa chevelure était attachée pour faciliter le travail, ses frisottis étaient tout de même apparents de même que l’abondance de toute sa chevelure.

 

Je lançai comme cela, à la volée:

 

- Tiens, deux jolies fleurs qui en arrosent et en entretiennent d’autres !

 

Un grand sourire chavira le cœur du loup. Un grand « Merci » lui fut adressé par l’une de ces deux fleurs col bleu, avec une gentille phrase en remerciement au LoupDeVille:

 

- Merci monsieur, de vos gentilles paroles, vous avez ensoleillé notre journée et c’est si agréable de se faire complimenter de la sorte au lieu de se faire crier par des passants ou des automobilistes, des critiques de macho ou des remarques déplacées.

 

Et c’est d’un cœur léger, que j’ai continué mon parcours d’entraînement en randonnée pédestre dans mon île.

 

Dans le bazar, de cette foire commerciale, un vieux chapeau de feutre m’a salué, mais bien sûr, pas en mots, mais c’est en images, qu’il a su me raconter.

Il m’a parlé de sa vie et de la manufacture où il fut crée, voilà bien des années.

- C’est dans cette fabrique empoussiérée, sous les coutures d’une machine overlock, ainsi que sous les doigts de fée d’une employée habile, lissant de ses douces mains, chacune de mes fibres, que je fus jeté une fois terminé, sur un tas de mes semblables, qui comme moi, quitteraient bientôt ce lieu, empaquetés individuellement dans une jolie boite à chapeau cartonnée, munie de jolies couleurs et d’une dorure synthétique tape à l’œil.

- Le transport dura, le temps d’une longue nuit interminable; alors que je sentais mon enveloppe cartonnée se faire bouger et déposer ici et là, plus ou moins durement. Puis ce fut ce magasin, où un grand achalandage de messieurs de toutes classes sociales sont venus tour à tour m’essayer en m’aplatissant le centre, pour me faire un petit vallon central, mon quinte de petites plumes multicolores rattachées par leur base et fixées sur mon coté droit, me donnaient fier allure.

- Ce fut un médecin, homme dans la cinquantaine, qui fut le premier client essayeur; il se mira dans la glace, fier comme un paon, mais il le fit avec classe et bon goût. Il me reposa sur le présentoir et choisit un de mes frères, un autre des chapeaux voisins, mais de couleur crème. Ce dernier s’avéra trop petit, et après quelques quatre autres essais infructueux, il revint vers moi, comme on revient à un premier amour. Tout heureux, il sortit son portefeuille et aligna le montant pour m’acquérir, dix dollars. Il paya et sorti tout heureux de son nouveau couvre-chef. À chacune des occasions qu’il avait de voir son image reflétée, il me regardait, il nous regardait, bombant le torse comme un paon fier. Il se tenait la tête bien haute et un immense sourire naissait à chaque regard complaisant de toutes les personnes de la gente féminine qui insistaient un peu trop du regard, ou même, qui se mettaient à l’examiner sans discrétion, lui et sa nouvelle acquisition.

- De retour à son bureau, le couvre-chef allait y être exposé au grand jour, durant tout le temps où Monsieur le Docteur était en consultation. Même le fils du docteur en catimini, essaya la coiffure de feutre de son paternel. Ce dernier, appelé en urgence, eu un large sourire, car il ne croyait pas susciter autant de convoitise, même de son jeune fils.

- La patiente chez qui il devait se rendre, était une femme enceinte qui avait perdu ses eaux, l’aboutissement de la mise au monde de ce cher enfant. Durant la mise au monde proprement dite, elle accrocha le galurin qui tomba au sol, mais sur son sommet. Elle s’accrocha vivement au docteur avant de retomber, lui, se plaçant en position pour recevoir l’enfant, s’aperçu que le cordon était presque autour du cou du nouveau né. Mais son expérience permit à l’accouchement de bien se dérouler…

En cette fin glorieuse des années 80, le grand chercheur portait fièrement dans les grandes occasions, son couvre-chef porte-bonheur, on le disait indémodable avec ses petits ajouts de plumes et le ruban, qui lui donnaient alors, un port de tête des plus présentables. C’est ce même chapeau, que son père, médecin émérite, a porté pendant plus de 20 ans.

Comme ce chapeau seyait bien avec son costume du même ton, à l’occasion de son vingt cinquième anniversaire de mariage, donnant alors cette touche d’élégance que le jubilaire arborait fièrement en regardant à la ronde, au bras de sa compagne de toujours, pour recevoir son prix.

En 2007 sur une artère de Montréal ce jeune adolescent s’écria en voyant ce bijou devant ses amis:

- Wow ! Un chapeau pareil comme mon père avait.

Et c’est là en silence que le couvre-chef cria si fort…

- MAIS C’EST MOI… MAIS C’EST MOI qui était son plus bel accessoire lors de grands événements.

Et de l’autre coté de la rue, un humble loup, modèle unique deville comme ce splendide objet tout aussi unique, se devait de vous raconter cette histoire afin que vous regardiez certains vêtements que vous possédez, comme s’ils avaient aussi leur histoire.

LoupDeVille qui continue de parcourir sa ville, son île, pour vous amener vers des récits de vie touchants.

 

Le Raton laveur et le chien hurlant (contedel’ile-7 et épilogue)

 

Il était une fois, à un carrefour achalandé, un Raton laveur qui armé de son éponge et de sa raclette, courait de véhicule en véhicule, pour nettoyer les pare-brises.  Il se faisait klaxonner pour ne pas toucher aux vitres de certains véhicules, quelques conducteurs partaient leurs essuie-glaces et certains baissaient leur vitre pour l’invectiver de bêtises.

 

- Va donc laver les vitres chez ta mère ou à l’accueil Bonneau si ça te démange tant de laver des vitres !

 

Le feu passa au vert, si bien qu’il se fit frôler par des rétroviseurs et se fit même arroser de la vitre baissée d’un véhicule qui passa en trombe.

 

- $%$$% !  J’viens de me faire arroser d’un grand format de café !  $%$% !  Y’en as-tu des fous ?

 

Soudain dans la file, arrive une voiture banalisée de la police, sous le regard désapprobateur du Raton.

 

- Ahhh non, les chiens $%$$ !

 

- Aie on circule le jeune, sinon je te donne une contravention.

 

- J’ai pas de fric, comment tu veux que je le paie «  ton ticket » ?

 

- Je te le dirai pas deux fois, c’est un avertissement.  Si tu n’as pas quitté quand je vais repasser dans 10 minutes tu vas l’avoir le ticket.

 

Les forces policières quittèrent les lieux au feu vert, mais revinrent à pied pour cerner et attraper leur proie pour la contravention.

 

Là, au feu vert, alors qu’il allait traverser la rue, un des officiers l’interpella, sous la hargne du fautif.

 

- Ah non ! %?%?& !  Pas encore eux autres !

 

Il ne faut jamais jouer au plus fin avec la loi, car elle sait toujours nous rattraper.

 

 

 

N.B.  les signe tels:  « $%? » ne sont mis que pour remplacer un juron.

 

Épilogue:

 

Ce fût un réel plaisir de créer ces contes de l’île de Montréal.  Pour vous, peut-être seront-ils le tome-1 et qu’il en suivra une autre série, un jour.

 

LoupDeVille

 

 

Le Pinson et Le Paon (conte de l’île-6)

 

Il était une fois, près d’une station de métro en concert, un joli Pinson ascendant Rossignol, un oiselet à la voix mélodieuse. Il chantait la ritournelle aux passants, profitant ainsi de son talent, pour faire quelques sous. Chaque fois qu’une fort jolie passante était en vue, il poussait la note et faisait une envolée textuelle chantée très bien rendue.

 

Un Paon passa subitement en trombe. Voulant faire montre de son habileté et de sa beauté, il chercha à voler des spectateurs au Pinson, avec ses voltiges sur sa bicyclette, comme faire des cercles, sans tenir son guidon, en lançant à la volée :

 

- Aie! les filles, regardez ! Je ne suis pas seulement beau, mais je suis aussi habile et bon, hein!

 

Après avoir lâché les guidons, pour montrer ses biceps, sa roue avant passa sur un fil qui alimentait l’amplificateur de microphone du pinson, ce qui coupa la sonorisation du spectacle et ledit fil, s’emmêlant entre la fourche et la roue, immobilisa cette dernière, ce qui fit faire au paon surpris, une chute vers l’avant, par dessus les guidons.

 

Il chuta sur une surface mi asphaltée, mi bétonnée, entraînant rapidement un cri et des plaintes subséquentes. Blessé dans son ego comme dans son physique, il se releva néanmoins peu bouleversé par sa chute, mais il ne fut pas long à constater, après avoir démêlé le fil à l’avant de sa bicyclette, que la roue et la fourche s’étaient tordus légèrement dans la chute. Il se trouva sans doute tout à coup, moins beau et moins bon.

 

La morale de ce récit, il ne faut jamais surestimer ses capacités et surtout ne pas s’en vanter.