Archive mensuelle pour août 2010.
Chapitre 3
La compétitivité s’accroît
Durant le mois de juillet, les équipes fourbirent leurs armes. Les engins furent remis en état pour certains, bonifiés pour d’autres, astiqués comme des bijoux et repeints en partie pour les égratignures ou les accrochages subis en course.
La deuxième épreuve se produirait enfin, avant les vacances de la construction, période où beaucoup de gens s’en vont à l’extérieur, pour leur vacance. Il ne reste que le mois d’août pour la grande finale des 2 de trois, afin de briser toutes égalités, et c’est lors de cette course, que le pourcentage d’inclinaison de la rampe par rapport à la pente, était accru, amenant des sensations de course des plus vives.
Entretemps, Rita quitta la bande des jumeaux, suite à une chicane. Lors de récentes missions d’espionnage en règle, les autres filles trouvaient qu’elle fraternisait de façon trop amicale envers l’ennemi, allant jusqu’à s’amouracher du bras droit de Bigras, Ledoux, qui l’emmena au cinéma et lui fit le cadeau ultime, un cornet de crème glacé molle recouvert de chocolat, afin de lui faire accepter sa désertion et son insertion dans l’autre gang.
Elle révélât le plan de l’ennemi; alors Bigras promis de se venger, mais durant la course, « en homme ». « Comme les frères étaient un duo de mauviettes, d’envoyer des filles faire leur sale boulot » !
La deuxième course donna un point de plus à Bigras, qui jubilait. Les frères rageaient de plus belle, promettant une vengeance terrible, en lui criant aussi qu’il n’avait gagné qu’une manche et non la saison. En plus, au début d’août, juste avant la course finale, c’était l’anniversaire des jumeaux qui demandèrent aux parents des roues et des tiges neuves pour alléger le poids de leur engin et ainsi pouvoir en augmenter sa douceur de roulement.
Les vacances de la construction se passèrent en ville pour les jumeaux, car leur mère avait eu un nouveau boulot; donc pas de « tour de Gaspésie » cette année, ni de pêche sur le quai de Rimouski. Ils s’arroseraient au boyau dans la cour arrière, feraient des pique-niques dans leur cachette secrète et du camping sous la tente dans la cour aussi, même si cela est moins bucolique.
Bigras les nargua avant de partir, de sauter sur le siège arrière de la mini camionnette et par la fenêtre, leur tirer la langue. Avec la splendide tente-roulotte attachée derrière, ainsi qu’un canot et sa bicyclette, les jumeaux savaient bien tous les mensonges que Bigras, se vantant de ses exploits de vacances, raconterait lors de son retour. Les deux frères se disaient qu’ils lui feraient ravaler ses mensonges en gagnant la course ultime.
Les filles quant à elles, se dirent qu’une petite vengeance vis-à-vis de Rita serait douce et elles imaginèrent de mettre en faute Bigras lui-même et son péché mignon, l’orangeade.
Chapitre 2 La première course de la saison
En ce samedi ensoleillé, après un pique-nique champêtre, le maître des courses annonça au porte-voix que les courses débuteraient dans 30 minutes. Les équipes fignolaient les dernières retouches mécaniques des bolides.
Les jumeaux et leur bande avait baptisé leur bolide Ferrarboiteasavon, en l’honneur des Ferrari de la Formule 1. Bigras quant à lui, avait appelé son bolide, dont la carrosserie était faite d’un demi-bain en fibre de verre, Quincailmobile, en l’honneur de son commanditaire, son père. Bien sûr les dix inscrits se feraient face au moins dans un 2 de 3, pour déclarer le vainqueur.
La famille Paradis avait appelé son engin, Boiteàmobile, car il était fabriqué du bois des vieilles boîtes à fleurs des demoiselles Pouliot, que l’aîné des fils avait récupéré en tant que tondeur de pelouse officiel des deux sœurs. Le maire vint donner le coup de feu du départ de la première confrontation; la photo de l’événement paraîtrait dans le feuillet paroissial et dans le journal du quartier.
Le petit Daniel eu des pépins avec son bolide qui perdit une roue avant, immédiatement après la première pente. Il ne put qu’à peine atteindre la fin de celle-ci, que le moyeu toucha la surface asphaltée dans des flammèches et sous des «onnnnnn» de désolation des spectateurs et des pleurs mêlés de rage du pauvre exclu, pour cause de bris mécanique. Une fois à l’arrêt complet, celui-ci se leva précipitamment et se tenant à coté de son engin, lui administra de furieux coups de pied dans le coté, ce qui fit craqueler la peinture et se fissurer la mince planche de contre-plaqué peinte servant de revêtement à la boite à savon.
Il y eut un accrochage de roues des deux équipes les plus belligérantes, celles des jumeaux et des Bigras qui durent reprendre la manche. Ils s’invectivaient à qui mieux mieux avant que l’officiel de la course ne calme les ardeurs avec des menaces de pénalités s’ils continuaient à s’invectiver aussi disgracieusement. Le calme peu convainquant a repris, mais les regards de feu et méchants des deux cotés, maintenaient des moues de dégoût vis-à-vis de l’adversaire.
Les jumeaux et Bigras terminèrent ex-æquo en première place, en temps et en distance totale parcourue. Quant à la petite Émilie, elle termina 5ième au grand dam de bien des équipes masculines.
Chapitre- 1
Les préparatifs
Jean et Pierre, les jumeaux menuisiers, avaient commencé à construire la plus belle boîte à savon des dernières années. Celle-ci participerait à la série de grandes courses de l’été qui commenceraient tout de suite après la St-Jean Baptiste, et qui se disputeraient une fois par mois, jusqu’à la grande finale, où le gagnant se verrait remettre une bicyclette. La fête de la St-Jean donnerait alors le prétexte au duo, d’aller voler des idées chez les autres équipes. Les frères eux, enviaient Bigras, le fils du quincaillier, qui avait des pièces toutes neuves.
Le duo se préparait de longue haleine, en chapardant la plupart des choses dont il aurait besoin comme: la corde et deux des roues de tondeuse qu’il subtiliserait sur la machine de la vieille acariâtre Slonaveski, ainsi que deux planches prises sur la niche du chien des Boulanger. En utilisant de plus, les maigres économies de leur tirelire, il se procurerait certaines pièces rutilantes pour leur bolide, ainsi que de la peinture fraîche, pas des restes de gallons pris ici et là dans le village après avoir quémander partout. Il irait aussi faire un brin d’espionnage chez les concurrents, afin de ne pas être à la traîne et ainsi savoir, lesquels seraient à surveiller.
Ils envoyèrent en mission commandée, la belle Liette comme appât, et bien qu’elle était l’amie attitrée de Pierre, celui-ci monnaya cette dernière pour qu’elle accepte cette tâche hideuse. Elle irait avec Louise et Rita. Elles emmèneraient de l’orangeade en guise de boisson-calumet de paix, lors de leur visite des clans ennemis. Elles devaient se faire montrer leurs plans comme si elles étaient intéressées et à trois, elles n’oublieraient sûrement aucun détail, pensaient les artisans de l’entourloupette.
La veille de la première des trois courses, un problème d’essieu et de roues arriva à l’arrière du bolide et en remplaçant l’essieu, la roue de secours qu’ils avaient en main n’était pas de la bonne dimension. Alors en catastrophe, ils durent donc se chercher une tondeuse pour faire un chapardage-échange de roues; même disparate et de taille différente, par cette façon de faire, le larcin paraîtrait moins évident.
Avec l’argent de poche de camelot ou de tondeur de gazon, celui de commis à commissions et de baby-sitter pour les filles, toute la bande était mise à contribution en mettant tout en commun. Aucune des sommes n’était négligée, même celles utilisées pour égayer leur nouveau quartier général. C’était un vieux hangar, dont une partie était laissée à l’abandon par le proprio des lieux et où les jeunes, en enlevant une série de planches, avaient créé une entrée clandestine qui se refermait suite à une ingénieuse installation; l’entrée était digne d’une cachette secrète.
Voyager de quartier en quartier, c’est un peu me noyer dans l’ambiance, les saveurs et les odeurs et les textures et de goûter les aliments. Cela ne me coûte que peu d’argent et un brin de mon imaginaire. Je me crée des bulles momentanées et je promène dans le monde en miniature dans ma ville de Montréal.
