Chapitre 2 La première course de la saison
En ce samedi ensoleillé, après un pique-nique champêtre, le maître des courses annonça au porte-voix que les courses débuteraient dans 30 minutes. Les équipes fignolaient les dernières retouches mécaniques des bolides.
Les jumeaux et leur bande avait baptisé leur bolide Ferrarboiteasavon, en l’honneur des Ferrari de la Formule 1. Bigras quant à lui, avait appelé son bolide, dont la carrosserie était faite d’un demi-bain en fibre de verre, Quincailmobile, en l’honneur de son commanditaire, son père. Bien sûr les dix inscrits se feraient face au moins dans un 2 de 3, pour déclarer le vainqueur.
La famille Paradis avait appelé son engin, Boiteàmobile, car il était fabriqué du bois des vieilles boîtes à fleurs des demoiselles Pouliot, que l’aîné des fils avait récupéré en tant que tondeur de pelouse officiel des deux sœurs. Le maire vint donner le coup de feu du départ de la première confrontation; la photo de l’événement paraîtrait dans le feuillet paroissial et dans le journal du quartier.
Le petit Daniel eu des pépins avec son bolide qui perdit une roue avant, immédiatement après la première pente. Il ne put qu’à peine atteindre la fin de celle-ci, que le moyeu toucha la surface asphaltée dans des flammèches et sous des «onnnnnn» de désolation des spectateurs et des pleurs mêlés de rage du pauvre exclu, pour cause de bris mécanique. Une fois à l’arrêt complet, celui-ci se leva précipitamment et se tenant à coté de son engin, lui administra de furieux coups de pied dans le coté, ce qui fit craqueler la peinture et se fissurer la mince planche de contre-plaqué peinte servant de revêtement à la boite à savon.
Il y eut un accrochage de roues des deux équipes les plus belligérantes, celles des jumeaux et des Bigras qui durent reprendre la manche. Ils s’invectivaient à qui mieux mieux avant que l’officiel de la course ne calme les ardeurs avec des menaces de pénalités s’ils continuaient à s’invectiver aussi disgracieusement. Le calme peu convainquant a repris, mais les regards de feu et méchants des deux cotés, maintenaient des moues de dégoût vis-à-vis de l’adversaire.
Les jumeaux et Bigras terminèrent ex-æquo en première place, en temps et en distance totale parcourue. Quant à la petite Émilie, elle termina 5ième au grand dam de bien des équipes masculines.

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