Dans ces vitrines qui nous font saliver

à saveur endimanchée,

Avec mes haillons

Qui habillent mes souffrances et mes bonheurs,

Ces très féminins dessous

Qui mettent trop sans dessus dessous

Et me traversent  au coin de cette vitrine,

Se dire que tous ces bouts de tissus

Habilleront par dessus des cœurs

Sans cœur ou trop émotifs,

Certes au delà de ces reflets, je vois cette larme qui naît.

Elle n’aura pas la chance de couler

Car vite elle sera essuyée

Comme on essuie un revers dans nos vies.

pluiesur ma fenetre

Mademoiselle Averse Depluie

Cette gentille demoiselle

Aux allures de grisaille et venteuse,

Habillée de nuages et de ciel gris,

Balancée par des vents qui rendent aigris,

Sans vanité, s’amusait un peu avec un biquet

Pour le faire s’encabaner

Dans son antre de la Delorimier.

Ce dernier n’appréciait guère avoir le toupet

Tout détrempé des plaisirs pervers

De cette Demoiselle Averse.

Même si son nom ainsi que son prénom sont charmants,

Ils sont tout de même inventés

Par un loup qui aime plaisanter

Sur les travers de son ami, le sieur de la Delorimier.

Dans une suite de rues arpentées et parcourues,

Au soleil, comme sous les nuages, comme dans cette tête ensoleillée et ennuagée,

Il s’en va, parcourant son île

à coup de pattes de loup,

ou se laissant trainer par ces autobus amis.

Il ira chasser des instants de vie

Aux murs peints et aux vitrines sans vie,

Par ses clichés, parfois un peu embrouillés et flous.

Ce n’est pas un travail professionnel,

Que passionnel.

Même s’ils sont très peu jolis,

L’importance est mon expression

Photographique et picturale.

À pied, sur roues

ou à pattes de loup,

par ce beau lundi,

non je ne passerais pas par ici,

mais par ton cœur.

Sans mes pattes au clavier

et mes pieds pour marcher,

je me fais aller les idées

pour créer et aimer.

Sans doute aussi par des frustrés

je puis être détesté.

Mais je ne m’empêcherais pas de créer,

de photographier,

cette beauté parfois fragilisée

derrière ces mirettes

qui font une valse de paupières.

Endimanché dans un ballet de cils au vent,

à coups de paupières,

tu essais de me les dissimulés

Dans cette passion:

Elle m’a croisé du regard,

On s’est croisés du corps,

On se retrouve à distance, mais nous sommes aussi près

Que de toucher à sa tasse.

Je frôle sa main,

Ses joues rosissent.

Ses yeux marquent une gêne, mais tout à la fois un plaisir.

Un frisson passe dans toute mon échine,

Je me tortille les orteils dans mes souliers.

Elle passe discrètement son genou contre mon tibia

En souriant, renversa le fond de sa tasse sur la table.

Nos mains se rencontrent de nouveau

Au centre de la table avec une serviette de papier pour éponger le dégât.

Ce papier finira en parchemin d’une lettre d’amour,

Non pas les résidus des feuilles de thé,

Mais sucre et liquide de café sur la tache sur ce papier,

Ce contact qui brûle mais qui est tout aussi tendre et doux.

Elle sourit et rit de gêne à cause de cet incident,

Moi, je bénis cet incident qui a marqué ce contact.

Brume printanière, brume de vidéo.

Brume de mes mauvaises photos

De cette femme sous son manteau,

Sous la pluie, avec pardessus et chapeau.

L’eau dégouline sur ses épaules

Comme le poids du monde sur ses oripeaux.

Elle a rabaissé les rebords du chapeau

Et redressé son col de manteau.

Elle cache ses yeux

Comme on cache un péché véniel,

Elle espère l’oublier à son réveil.

Son visage humidifié reluit,

Mais elle pleure aussi sa vie.

Elle cache sa tristesse sous la pluie

Comme elle cache ses blessures sous son manteau en cette nuit.

La sensualité des sons.

Il faut apprendre à en décortiquer et apprécier les tons.

Chaque langue est exotique, Elle est aussi et heureusement, parfois érotique.

Elle sait partager ses saveurs, Comme pour les papilles gustatives avec de divins mets.

J’espère, et peu importe la langue, n’entendre que des MAIS.

Chaque syllabe accentuée, Et peu importe la langue parlée, Sera comme une note chantée.

Il n’y a dans tout ceci Aucune monotonie.

Toutes ces tonalités du monde, Je les trouve charmantes.

Tous ces mots ne seront jamais menaçants, Ils seront plutôt, une poésie vocale, un simple calmant.

Il y avait près de la rangée d’arbres, un pain séché, qu’un chapardeur de raton laveur avait volé dans un contenant à déchets avoisinant, qu’il avait renversé pour y subtiliser sa pitance. Le goéland vit du haut des airs ce beau pique-nique en perspective.

Il faisait des vols en piquer des plus bruyants et inélégants, mais suffisants pour faire relâcher sa vigilance au dégustateur de pain. Cachée sous les basses branches, une moufette couru vers le pain abandonné momentanément.

Mais tout en chassant l’intrus, qui du haut des airs avait perturbé la quiétude de son repas, le raton laveur s’aperçu que le brigand avait un complice quadrupède et fort mal odorant lorsqu’il était attaqué, même si le duo ne s’était pas concerté d’avance, car chacun y allait pour sa survie, dans le vol de la pitance d’un autre.

Le raton revint rapidement de même que l’autre assaillant ailé, après quelques voltiges maladroites sous les effets du stress d’être poursuivi et de se mettre hors de portée. Toute cette agitation animalière, s’effectua sous le regard mi-amusé, mi curieux, d’un loup modèle de ville non chapardeur de nourriture animale.

Plateau Mont-Royal. Dans un bistro de cette rue du même nom que le quartier, une petite fille, les pommettes rosies, tient précieusement son verre de boisson gazeuse plus grand que ses deux petites mains. Avec délicatesse, elle le porte à ses lèvres et boit le liquide en s’exclamant à quel point c’est bon et que ça fait du bien, parce que ça « me refroidie en dedans », Maman, de rajouter encore l’enfant.

Elle regarde la tasse de sa mère qui est vide, mais de liquide seulement.  Ah Maman, il y a du sable dans le fond de ta tasse.  « Ben » non ma chérie, c’est du thé ça, juste un peu, qui est sorti du sachet, ne t’en fais pas!  Ah!  de répondre l’enfant, j’aime mieux ma liqueur, elle fait pas de petit sable dans le fond de mon verre au moins, « pis » en plus, ça me refroidit!

- Non je pense que même quand « mâ » être grande, j’en boirais pas de thé.  « Mâ » aimé mieux ma liqueur.

Qui a dit que la vie était compliquée?

Dans l’embrasure de mon coeur

La flamme se fait honneur

L’eau de la peine et autour du coeur

Même si un peu de malheur

C’est comme cela qu’on goûte ton bonheur

Par ce baiser un peu mouillé

Mouillé de ces larmes que toi seul sait assécher